Culture
Temples et culture balinaise : comprendre, se tenir, regarder
Les temples de Bali ne sont pas des monuments mais des lieux de culte en activité. Comprendre ce qui s’y passe change la visite, et évite les maladresses qui gênent les Balinais.
- Mis à jour le
- 7 min de lecture
- Par Kylian Dev

Sommaire
- Tri Hita Karana et subak : pourquoi les rizières sont classées
- Pura, merajan : comment s’organisent les temples balinais
- Tenue au temple et règles de conduite à Bali
- Les 6 temples de Bali qui valent le déplacement
- Nyepi, Galungan, Kuningan et les crémations
- Visiter un temple à Bali : entrée, dons et guides
- Photographier à Bali sans manquer de respect
- Questions fréquentes
- Sources
À retenir
- Sarong et ceinture, épaules couvertes : la tenue est exigée dans tous les temples.
- Ne marchez jamais sur un canang sari, l’offrande posée au sol et sur les seuils.
- Ne vous placez pas devant les prêtres en prière et ne photographiez pas une cérémonie sans accord.
- Nyepi, Galungan et Kuningan rythment l’année : renseignez-vous sur les dates avant votre séjour.
Bali est la seule province à majorité hindoue d’Indonésie. La religion y organise les journées, les villages et le paysage. Le visiteur la croise partout : dans les offrandes du trottoir, dans les processions qui bloquent une route, dans les rizières elles-mêmes.
Ce guide donne les clés pour comprendre et les règles pour se comporter. Pour situer les fêtes dans l’année, voyez le calendrier des fêtes de Bali et quand partir à Bali ; pour choisir les régions à visiter, que faire à Bali.
Tri Hita Karana et subak : pourquoi les rizières sont classées
Tri Hita Karana désigne les trois sources du bonheur : l’harmonie avec les dieux, entre les humains et avec la nature. C’est le fondement de la vie balinaise. Il se lit dans les rizières en terrasses irriguées par les subak, des coopératives qui partagent l’eau depuis les temples. L’UNESCO a inscrit ce paysage culturel au patrimoine mondial.
« Les trois causes du bien-être : les dieux, les humains, la nature. »
Le subak n’est pas seulement un réseau de canaux. C’est une institution : les paysans d’un même bassin se réunissent, décident du calendrier des cultures et du partage de l’eau, et font des offrandes aux temples d’eau qui jalonnent le parcours, de la source jusqu’aux champs.
C’est ce lien entre religion, communauté et agriculture qui a valu l’inscription à l’UNESCO. Quand vous marchez dans une rizière, vous traversez un système social autant qu’un paysage.

Pura, merajan : comment s’organisent les temples balinais
Le mot pura désigne un temple public. Chaque village en compte plusieurs, liés à l’origine, au conseil du village et à la mort. Au-dessus viennent les grands temples de l’île, comme Besakih. Chaque famille a aussi son sanctuaire domestique, le merajan ou sanggah, dans la cour de la maison.
- Les grands temples de l’île : Besakih, sur les pentes de l’Agung, est considéré comme le temple mère.
- Les temples de village : chacun a sa fonction et ses fêtes, l’odalan, l’anniversaire du temple.
- Les temples d’eau : liés aux sources, aux lacs et aux subak, comme Tirta Empul ou Ulun Danu Bratan.
- Le merajan ou sanggah : le sanctuaire familial, dans l’enceinte de la maison. Il ne se visite pas.
Un temple balinais est fait de cours successives, de plus en plus sacrées. On entre souvent par une porte fendue, le candi bentar. La cour intérieure, la plus sacrée, est parfois fermée aux visiteurs.
Les 6 temples de Bali qui valent le déplacement
Six temples justifient le déplacement : Besakih pour son rang de temple mère, Tirta Empul pour ses bassins de purification, Ulun Danu Bratan pour son lac, Uluwatu pour sa falaise, Tanah Lot pour son rocher en mer et Lempuyang pour ses portes face à l’Agung. Chacun se visite mieux tôt le matin.
Besakih
Sur les pentes du volcan Agung, le plus important des temples de l’île. Un ensemble de sanctuaires étagés, à visiter avec un guide du site.
Tirta Empul
Près d’Ubud, les bassins où les fidèles se purifient sous des bouches de source. Les visiteurs peuvent y participer en respectant le rituel.
Ulun Danu Bratan
Au bord du lac Bratan, dans les hauteurs du centre. Un temple d’eau lié aux subak, souvent dans la brume du matin.
Uluwatu
Au bord de la falaise du Bukit, au-dessus de l’océan. La danse kecak y est donnée en fin de journée. Attention aux macaques.
Tanah Lot
Sur un rocher battu par les vagues. On le contemple depuis la côte : le sanctuaire n’est pas ouvert aux visiteurs.
Lempuyang
À l’est, ses portes encadrent l’Agung. L’attente pour la photo y est fréquente ; la montée vers les sanctuaires supérieurs est plus calme.
Nyepi, Galungan, Kuningan et les crémations
Nyepi, le jour du silence, ouvre l’année balinaise : pendant 24 h, l’île s’arrête. Galungan célèbre le retour des ancêtres et Kuningan clôt cette période. Les crémations, ngaben, sont des fêtes autant que des deuils. Le visiteur peut y assister à distance, en tenue correcte, sans gêner la famille.
Nyepi tombe le lendemain de la nouvelle lune du neuvième mois balinais : en 2027, début mars, date officielle à confirmer. Aéroport suspendu, aucun déplacement, lumières baissées, jeûne pour beaucoup. La veille, les villages promènent les ogoh-ogoh avant de les brûler.
Pendant Galungan, des penjor, longs bambous décorés, courbent au-dessus des rues. Les familles portent des offrandes au temple et reçoivent leurs proches. Kuningan, dix jours plus tard, marque le départ des ancêtres. Le déroulement et ce qui ferme ces jours-là sont dans Galungan et Kuningan.
Les crémations sont des cérémonies publiques, souvent spectaculaires, mais organisées par une famille. Restez à l’écart, en sarong, et ne vous placez pas dans le cortège. Crémations collectives, odalan et processions sont détaillés dans cérémonies et crémations à Bali.
Les danses données lors des fêtes de temple ont leurs équivalents profanes sur les scènes du soir : voyez musique et danse balinaise. Les statues, masques et tissus des cérémonies sortent des ateliers présentés dans artisanat et marchés de Bali. Ce que la cuisine doit aux offrandes, et pourquoi on mange du porc à Bali, est expliqué dans cuisine balinaise.
Visiter un temple à Bali : entrée, dons et guides
La plupart des temples ouverts aux visiteurs demandent une contribution ou un billet d’entrée, qui inclut souvent le prêt du sarong. Dans les grands sites, des guides proposent leurs services à l’entrée : utiles pour comprendre, ils doivent annoncer leur tarif avant la visite. Un don dans la boîte du temple est toujours bienvenu.
- Arrivez tôt : les grands temples sont calmes le matin, et la lumière y est plus douce.
- Lisez les panneaux à l’entrée : ils rappellent les règles du lieu et les zones fermées.
- Un guide officiel du site se reconnaît à son badge ; convenez du prix et de la durée avant de commencer.
- Pendant un odalan, la fête du temple, la visite peut être restreinte : c’est la fête qui prime.
Visiter un temple de village, loin des sites connus, est souvent plus marquant. Demandez à votre hébergement si une cérémonie a lieu : on vous indiquera la tenue et le moment où l’on peut assister sans gêner.
Photographier à Bali sans manquer de respect
Photographier un temple est en général permis, photographier une cérémonie demande l’accord des participants. Pas de flash, pas de drone au-dessus d’un rite, pas de pose sur un autel ou un mur sacré. Si quelqu’un refuse d’un geste, rangez l’appareil sans insister.
- Demandez avant de photographier une personne en prière ou un prêtre.
- Restez au niveau des fidèles, jamais au-dessus d’eux, même pour un meilleur angle.
- Ne grimpez pas sur les murs, les statues ou les autels pour une photo.
- Vérifiez les règles affichées à l’entrée : certains temples interdisent les drones ou certaines zones.
Questions fréquentes
Quelle tenue pour visiter un temple à Bali ?
Un sarong noué à la taille avec une ceinture, et les épaules couvertes. Beaucoup de temples prêtent ou louent le sarong à l’entrée.
Peut-on entrer dans tous les temples de Bali ?
Non. Les sanctuaires les plus sacrés, comme celui de Tanah Lot, sont réservés aux fidèles, et certaines cours intérieures restent fermées. Les temples familiaux ne se visitent pas.
Que sont les petites offrandes posées au sol ?
Ce sont des canang sari, des offrandes quotidiennes de fleurs et de riz dans une corbeille de feuille. On ne marche jamais dessus.
Peut-on assister à une cérémonie balinaise ?
Oui, en restant à distance, en tenue correcte et sans gêner les participants. Demandez l’accord avant de photographier.
Que signifie Tri Hita Karana ?
Les trois sources du bonheur : l’harmonie avec les dieux, entre les humains et avec la nature. C’est le fondement de la vie balinaise.
Sources
Chiffres et règles relevés le 17 octobre 2026 sur les sources ci-dessous. Les règles d’entrée et les tarifs changent : vérifiez-les toujours sur les sites officiels avant le départ.

III
Tenue au temple et règles de conduite à Bali
Au temple, portez un sarong noué avec une ceinture et couvrez vos épaules. Selon la coutume locale, les femmes en période de menstruations n’entrent pas. Ne vous tenez pas devant un prêtre en prière, ne marchez pas sur les offrandes, ne touchez pas la tête des personnes et ne pointez pas les pieds vers un autel.
La tête est considérée comme la partie la plus sacrée du corps, les pieds comme la plus basse. Ces deux repères expliquent la plupart des règles : on ne touche pas la tête, même celle d’un enfant, et on ne pose pas les pieds sur ce qui sert au culte.